La prise en compte du risque suicidaire chez nos patients : un impératif institutionnel

Comme tout établissement de santé, les HPEVM concentrent de nombreux patients en souffrance psychique susceptibles de développer, parfois de manière inattendue, une crise suicidaire.
Certaines personnes peuvent aussi être exposés à la douleur physique, à l'annonce d'un pronostic défavorable, à une atteinte à leur intégrité physique ou à leur qualité de vie.
Le risque suicidaire dans les établissements de santé concerne toutes les spécialités et tous les âges :

Un suicide à l'hôpital génère une triple onde de choc :
- pour les proches du patient dont le deuil sera particulièrement traumatique, et qui feront face à l'incompréhension d'un événement qui s'est produit dans le lieu qui devait le soigner, l'accompagner et le protéger,
- pour les autres patients hospitalisés pour lesquels il existe un risque - faible mais non négligeable - de “contagion suicidaire”,
- et bien-sûr pour les soignants.
C'est pourquoi, les HPEVM mettent en place une politique institutionnelle de prévention du risque suicidaire, dont l'objectif est de renforcer la sécurité des patients par une approche globale associant les pratiques professionnelles, l'organisation des soins et la sécurisation des environnements de prise en charge. Il s'agit d'un axe prioritaire de la stratégie qualité-gestion des risques de notre établissement.
Un comité de pilotage a été créé en janvier 2026 suite à la rédaction du nouveau projet d'établissement, et un plan d'actions a été présenté aux instances de mars dernier.
Parmi les actions prévues : un audit des locaux
Le passage à l'acte est multifactoriel et ne peut pas toujours être anticipé, même par des professionnels aguerris.
La formation du personnel à l’évaluation du risque suicidaire et à la surveillance continue reste indispensable mais peut être accompagnée par d'autres mesures.
Parmi elles, figure la sécurisation de l'environnement physique de soins.
En effet, des études ont démontré que la sécurisation des locaux et du mobilier réduit de manière drastique le nombre de suicides.
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C'est pourquoi, une expérimentation s'est déroulée les 21 et 23 juillet dans les unités Simone Veil et Joséphine Baker du pôle Paris 11.
Trois groupes composés de professionnels de différents pôles de soins et de représentants des usagers ont testé l'outil d'audit environnemental en ligne proposé par la DGOS et le GESP (Groupe d'étude et de prévention du suicide).
L'audit environnemental est une première étape qui vise à évaluer les unités d'hospitalisation complète sous l'angle de la prévention du risque suicidaire, à identifier les facteurs environnementaux susceptibles de majorer ou de réduire ce risque, à valoriser les bonnes pratiques déjà en place et à définir, le cas échéant, des actions d'amélioration.
Cet audit est réalisé dans les différents lieux auxquels les patients ont accès (chambres, salles de bains, salles à manger, salles d'activités, patios, poste de soins…) et permet de vérifier si ces espaces sont adaptés et sécurisés.
Le mobilier est également examiné : il doit permette d'éviter les risques de blessures ou d'utilisation dans un acte suicidaire ou hétéro-agressif.
A l'issue de chaque session, un temps d'échange a été organisé pour partager les retours d'expérience sur l'utilisation de l'outil, échanger sur les constats réalisés et construire collectivement les modalités de son déploiement dans les différents services.
Cette expérimentation a permis de confirmer la faisabilité et la pertinence de l’outil.
A la lumière de ces résultats, la démarche d'audit environnemental pour la prévention du risque suicidaire sera déployée dans d'autres services à partir de l'automne.
Photo d'un des groupes de travail (modifiée par IA).